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La pêche au poisson mort manié.

Nous voici dans le vif du sujet!

C'est une pêche sportive comparable au lancer à la différence qu'il faut soit même animer le leurre appât.
J'insiste sur le terme de leurre appât car la clef de la réussite est dans l'animation du poisson mort.
On en parle beaucoup mais de quoi s'agit il au juste ?
Nous sommes loin aujourd'hui des facilités offertes par cette technique dans ses débuts.
En effet le poisson s'éduque (à ses dépends) et nous devons suivre son évolution en adaptant nos techniques tant au niveau du matériel qu'à celui de l'action de pêche.

Je prend souvent mes exemples dans la pêche à la mouche et pour vous situer le débat je dirai qu'il est aujourd'hui impensable de capturer un poisson sur le fameux crin de cheval qui m'a souvent posé des problèmes dans les livres qui m'ont permis de débuter.
Les boîtes mouilleuses sont rangées au musée de la pêche il en va de même pour les montages grossiers qui autorisaient pourtant de nombreuses captures à une autre époque.
je l'ai déjà dit mais votre préparation détermine votre réussite donc de bonnes montures fiables et adaptées à vos vifs (taille et forme).

Ceci étant l'action de pêche au mort manié consiste à animer sa monture près du fond et même sur le fond, là où se trouvent les Sandres.
Il faut donner un aspect de poisson blessé ou moribond qui nage en zigzag sur une amplitude de trente centimètres à un mètre pour chaque "zig :-) (ou zag).
Comme un poisson victime d'un coup de dent fatal à court terme.
Comme on dit ce sont les nerfs qui le font encore bouger dans une nage désordonnée!!!
Pour débuter, le mieux est d'apprendre à faire proprement et nettement décoller la monture du fond .
Raison pour laquelle il nous faut une bonne canne, prévue pour ça, et donc très nerveuse et puissante.

Le débutant aura tendance à traîner sur le fond plutôt que d'évoluer en dent de scie.
Le rôle du moulinet pendant les manoeuvres se limite à celui de réserve de fil .
Tout le travail s'effectue à la canne et le moulinet intervient pour récupérer l'excédant de fil entre chaque figures.
Une figure est un ensemble de sauts consécutifs:
soit: décollage-agitation ou frémissement et retour vers le fond accompagné de la pointe du scion; Récupération au moulinet pour retrouver la canne en position basse pour démarrer une autre figure et ainsi de suite jusqu'au pied du pêcheur au jusqu'à la surface si on est en bateau. Au fait, en bateau, les manoeuvres sont beaucoup plus simples puisque l'angle du fil est plus proche de la verticale.Il est donc assez facile de bien faire décoller la monture. Moins il y a de fond et plus on pêche loin et plus les manoeuvres sont difficiles.
la canne rempli les trois fonctions de lancer, combat, et récepteur (comme une antenne).
En effet, lorsque la monture rejoint le fond fil toujours tendu (important) le choc du plomb sur le fond est plus ou moins sec et on le sent assez bien; donc avec un peu d'habitude on devine sur quel type de fond on évolue.

C'est le double intérêt de cette pêche: la prospection et le sondage qui permet de définir avec une grande précision les irrégularités et la nature du fond.
Lorsque vous voudrez pêcher au posé ou au bouchon sur des postes que vous avez pratiqué au mort manié vous n'aurez pas la surprise de la grosse branche immergée ou d'un escalier à 10 mètres du bord qui interdit toutes récupération depuis la rive.

Les figures.

Une fois que vous possédez la technique suffisante pour bien faire décoller votre monture (et c'est pas si évident!) ne pensez pas que vous allez secouer votre poisson toute la journée en attendant de passer au milieu d'un banc de sandres en activité (héhé) c'est très insuffisant.

Vous devez déclencher l'attaque du sandre et pas l'attendre.

Je vous rappelle qu'il s'agit d'une pêche sportive de prospection.
Alors justement, pour déclencher cette attaque il faudra vous mettre dans l'ambiance du moment. c'est ainsi que des figures régulières en dent de scie bien espacées vont être parfaites pendant quelque jours puis ne plus rien donner pendant ---six mois-- et je n'exagère que très peu.

La principale difficulté est de trouver la bonne "carburation".

Comment faire?
Modifiez la vitesse de déplacement et la nervosité du poissonet (déjà mort mais réputé vivant dans cette technique).
Modifiez l'amplitude des mouvements soit plus près soit plus loin du fond, Sur un fond très propre on peut carrément faire de petits sauts de 10cm avec des poses assez longues (rappelez vous que le sandre mange également des proies mortes et donc immobiles!).
Si vous avez plusieurs espèces de vif essayez les toutes.
La hiérarchie des vifs étant: goujon et ablette meilleurs vifs à égalité, gardonneau moyen et le reste suivant les cours d'eau.
Modifiez également la taille des vifs. le sandre se nourri en principe de proies plus petites que celle prévues pour le brochet. C'est tout à fait exact ... dans les livres.

Vous voyez donc que plusieurs facteurs entre en jeu et se combinent pour déterminer la réussite. il n'y a pas vraiment de hiérarchie ni de combinaison miracle on peut quand même partir du principe que dans la mesure où on présente le vif du moment les figures ont moins d'importance, mais encore faut il être certain d'avoir la bonne espèce de vifs.

Vous remarquerez que j'emploie toujours le terme de vifs alors qu'il s'agit de poisson que nous venons de tuer. C'est une déformation car la fraîcheur de l'appât est indispensable.
Le sandre a du nez c'est une certitude et c'est aussi une des raisons qui font qu'on le capture à l'encornet.
Je n'ai pas essayé les maquereaux et autre poissons ou morceaux de poisson posés mais pourquoi pas. on prend bien des carpes au petit poids ou avec des bouillettes (et je n'ai pas encore vu frayer les bouillettes sur mes parcours :-)


Conclusion.

Au risque de se perdre dans les vifs et les figures et l'ambiance du moment et la vitesse du vent et j'en passe, il me semble raisonnable de débuter toujours sur une même base standard de vifs et d'animation que l'on modifiera si ça ne donne rien ou qu'on adaptera en fonction des circonstances.
Les décrochages trop fréquents et les touches dans le vide, sont des points de repère qu'il faut analyser. C'est votre expérience qui vous guidera plus que les conseils d'un autre.
Dans cette technique, tout est affaire de feeling, de conviction. Vous ne voyez pas le poisson, vous avez seulement une idée de ce qui se passe sous cinq ou six mètres d'eau. cette image mentale doit vous guider et c'est difficile de ne pas se perdre. Les bredouilles complètes, c'est à dire sans aucune touche de toute la journée, sont quand même assez rares.



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